Guide pour la visite de l’église du Bourg-Dun

De nouveaux gros travaux ont été lancés en 2013 par la DRAC et la municipalité.

Si l’association des Campagn’Arts du Bourg-Dun ne pouvait intervenir financièrement, elle y a contribué à sa manière par l’organisation pendant l’été 2013 d’une exposition à la Chapelle Saint Julien regroupant de nombreux documents architecturaux anciens et plus contemporains. Le produit de la vente d’ouvrages et de cartes postales aux visiteurs (plus de 700€) a été totalement reversé au profit de la souscription communale.

Un nouveau projet de dépliant pour les visiteurs de l’église Notre Dame a été proposé à la municipalité pour remplacer le document ancien établi Bernard Quesnel datant de près de 40 années. Nous reproduisons ci dessous le nouveau document.

Guide de visite de l’église

pour notice001L’église, classée Monument Historique a été classée à nouveau en 1910

Le Bourg-Dun (Evrard-Église) était un fief confié en 1015 à Dudon, chanoine de Saint Quentin (Aisne) pour le remercier de son histoire de la Normandie. Une abbaye primitive y avait été détruite au IXe s par les Normands. La région a connu ensuite nombreux conflits au XIe s. Ainsi le début de la construction de l’église actuelle daterait de la fin du XIe (Abbé Cochet). Mais comment préciser puisque toutes les archives de Saint Quentin en Vermandois ont été détruites pendant la première guerre mondiale ?

L’église rappelle par nombreux éléments les abbatiales de Haute Normandie. Son grand clocher comporte une galerie externe à la base de sa couverture en fer de hache. Sur sa périphérie cinq autres tourelles sont toutes différentes ; certaines abritent un escalier, d’autres contribuent, par leur poids, à la stabilité des voûtes, et, par leur disposition, au bel ordonnancement de cet ensemble.

L’observation des formes et des matériaux de construction facilite une datation des modifications successives de l’Église :

Le tuf (densité 1.2) est utilisé pour les éléments romans, les plus anciens. Cette roche sédimentaire, extraite localement du lit des rivières, est très dure mais très légère du fait de ses nombreuses alvéoles. Un mortier de chaux y forme des assemblages très résistants.

Ainsi ces éléments de l’église du XIe ont bien traversé les siècles. Très souvent des éléments de tuf ont encore servi à diverses réparations.

La pierre calcaire de Caen est a été employée pour la reconstruction des parties gothiques et de la porte renaissance. Cette pierre (densité 2.3) facile à tailler et surtout à sculpter finement a servi en éléments de grande taille pour  la nef centrale ou encore pour nombreuses autres parties gothiques : des embrasures et du magnifique appareillage des voûtes de la chapelle de la Vierge et pour la modification du transept sud. Comment a-t-elle été acheminée au Bourg Dun ? On imagine mal un transport par mer ou par rivière comme pour les églises de Dieppe, Fécamp et les abbayes de bord de Seine.

Le grès, pierre du pays, a été employé pour la construction de la façade sud et de trois des tourelles. Rapidement après sortie de la carrière le grès devient très dur et difficile à tailler. Mais sa densité élevée, 2.6, associé à un sous-sol médiocre ont contribué à déstabiliser localement l’édifice (façade principale, tourelle Sud Ouest). Parfois des remplissages en silex taillés et des chaînage en briques de Saint Jean ont renforcé les liaisons.

Dessin Pol Le Coeur 1988

Dessin Pol Le Cœur 1988

Au croisement du transept, une tour lanterne assurait initialement l’éclairage principal de l’intérieur de l’église. Cette tour a été surélevée et souvent consolidée : l’installation d’une voute angevine a permis l’installation de cloches mais a supprimé l’apport central de lumière.

La construction d’une large chapelle (chapelle de la Vierge) totalement ouverte sur le chœur et sur le transept sud de l’église a rétabli un éclairage généreux.

On admirera l’appareillage des voutes avec des clefs pendantes. A l’extrémité du transept sud se trouvait un large Sépulcre, mais seul reste un remarquable encadrement renaissance car la sculpture initiale à été détruite à la Révolution.

De l’extérieur on peut suivre les transformations et les multiples réparations du clocher, notamment l’installation de la galerie et de nombreuses gargouilles. Deux autres gargouilles se situent à l’extrémité du transept sud et au chevet de chœur modifié au XIIIes.

Plan Lefort 1907

Plan Lefort 1907

Etapes successives

  • XIIe Reconstruction de la nef en gothique,
  • XIIIe Allongement du chœur avec un chevet plat, reconstruction de la tour centrale avec une galerie.
  • Vers 1500, adjonction de la chapelle de la Vierge largement ouverte sur la face sud du Chœur.
  • Au début du XVIe reconfiguration du transept sud et construction de la chapelle du Sépulcre.
  •  1680 Installation d’un grand retable sculpté.
  • 1776 Transformation de la porte principale
  • 1876 Installation d’un orgue (facteur Duputel) et remplacement de la fenêtre de façade ouest par une rosace.
  • 1992, Installation d’une Vierge de piété dans le Sépulcre
  • 1995 Remplacement de l’autel
  •  1997 Nouveau vitrail sur la rosace projet Eve Nuzzo, réalisation Patrick Forfait (souscription organisée par les Campagn’Arts du Bourg-Dun)
  • 1997 Stabilisation de la tourelle Sud Ouest par reprise du soubassement du mur gouttereau de la nef Sud.
  • 2000 Réparation des arcs boutants de la Chapelle de la Vierge.
  • 2003-2006 Stabilisation du transept sud, réparation de la maçonnerie du clocher, réfection de la toiture.

Quelques éléments remarquablespour notice003

aquarelle Régis Bouffay

aquarelle Régis Bouffay

Quelques références

  • Abbé Cochet (1812-1875), inspecteur des monuments historiques de Seine Inférieure : Les églises de l’Arrondissement de Dieppe 1846.
  • Ludovic Vitet (1802-1873) : Histoire de Dieppe et de ses environs 1844
  • Abbé Anatole Loth, prêtre au Bourg-Dun : Chronologie et notions historiques concernant la paroisse et l’Eglise Notre Dame du Bourg-Dun (1888-1889).
  • Ferdinand Coutant, inspecteur de divisionnaire de la société Française d’Archéologie : Description de l’Eglise Notre Dame du Bourg-Dun 1894
  • Bernard Quesnel, instituteur : Histoire d’un village du pays de Caux
  • Philippe Fajon Rapport d’intervention archéologique 1997
  • Pierre Molkhou, historien des collectivités : Le Bourg-Dun, un terroir au temps des campagnes 2010.

 

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