Guide pour la visite de l’église du Bourg-Dun

De nouveaux gros travaux ont été lancés en 2013 par la DRAC et la municipalité.

Si l’association des Campagn’Arts du Bourg-Dun ne pouvait intervenir financièrement, elle y a contribué à sa manière par l’organisation pendant l’été 2013 d’une exposition à la Chapelle Saint Julien regroupant de nombreux documents architecturaux anciens et plus contemporains. Le produit de la vente d’ouvrages et de cartes postales aux visiteurs (plus de 700€) a été totalement reversé au profit de la souscription communale.

Un nouveau projet de dépliant pour les visiteurs de l’église Notre Dame a été proposé à la municipalité pour remplacer le document ancien établi Bernard Quesnel datant de près de 40 années. Nous reproduisons ci dessous le nouveau document.

Guide de visite de l’église

pour notice001L’église, classée Monument Historique a été classée à nouveau en 1910

Le Bourg-Dun (Evrard-Église) était un fief confié en 1015 à Dudon, chanoine de Saint Quentin (Aisne) pour le remercier de son histoire de la Normandie. Une abbaye primitive y avait été détruite au IXe s par les Normands. La région a connu ensuite nombreux conflits au XIe s. Ainsi le début de la construction de l’église actuelle daterait de la fin du XIe (Abbé Cochet). Mais comment préciser puisque toutes les archives de Saint Quentin en Vermandois ont été détruites pendant la première guerre mondiale ?

L’église rappelle par nombreux éléments les abbatiales de Haute Normandie. Son grand clocher comporte une galerie externe à la base de sa couverture en fer de hache. Sur sa périphérie cinq autres tourelles sont toutes différentes ; certaines abritent un escalier, d’autres contribuent, par leur poids, à la stabilité des voûtes, et, par leur disposition, au bel ordonnancement de cet ensemble.

L’observation des formes et des matériaux de construction facilite une datation des modifications successives de l’Église :

Le tuf (densité 1.2) est utilisé pour les éléments romans, les plus anciens. Cette roche sédimentaire, extraite localement du lit des rivières, est très dure mais très légère du fait de ses nombreuses alvéoles. Un mortier de chaux y forme des assemblages très résistants.

Ainsi ces éléments de l’église du XIe ont bien traversé les siècles. Très souvent des éléments de tuf ont encore servi à diverses réparations.

La pierre calcaire de Caen est a été employée pour la reconstruction des parties gothiques et de la porte renaissance. Cette pierre (densité 2.3) facile à tailler et surtout à sculpter finement a servi en éléments de grande taille pour  la nef centrale ou encore pour nombreuses autres parties gothiques : des embrasures et du magnifique appareillage des voûtes de la chapelle de la Vierge et pour la modification du transept sud. Comment a-t-elle été acheminée au Bourg Dun ? On imagine mal un transport par mer ou par rivière comme pour les églises de Dieppe, Fécamp et les abbayes de bord de Seine.

Le grès, pierre du pays, a été employé pour la construction de la façade sud et de trois des tourelles. Rapidement après sortie de la carrière le grès devient très dur et difficile à tailler. Mais sa densité élevée, 2.6, associé à un sous-sol médiocre ont contribué à déstabiliser localement l’édifice (façade principale, tourelle Sud Ouest). Parfois des remplissages en silex taillés et des chaînage en briques de Saint Jean ont renforcé les liaisons.

Dessin Pol Le Coeur 1988

Dessin Pol Le Cœur 1988

Au croisement du transept, une tour lanterne assurait initialement l’éclairage principal de l’intérieur de l’église. Cette tour a été surélevée et souvent consolidée : l’installation d’une voute angevine a permis l’installation de cloches mais a supprimé l’apport central de lumière.

La construction d’une large chapelle (chapelle de la Vierge) totalement ouverte sur le chœur et sur le transept sud de l’église a rétabli un éclairage généreux.

On admirera l’appareillage des voutes avec de clefs pendantes. A l’extrémité du transept sud se trouvait un large Sépulcre : seul reste un remarquable encadrement renaissance car la sculpture initiale à été détruite à la Révolution.

De l’extérieur on peut suivre les transformations et les multiples réparations du clocher, notamment l’installation de la galerie et de nombreuses gargouilles. Deux autres gargouilles se situent à l’extrémité du transept sud et au chevet de chœur modifié au XIIIes.

Plan Lefort 1907

Plan Lefort 1907

Etapes successives

  • XIIe Reconstruction de la nef en gothique,
  • XIIIe Allongement du chœur avec un chevet plat, reconstruction de la tour centrale avec une galerie.
  • Vers 1500, adjonction de la chapelle de la Vierge largement ouverte sur la face sud du Chœur.
  • Au début du XVIe reconfiguration du transept sud et construction de la chapelle du Sépulcre.
  •  1680 Installation d’un grand retable sculpté.
  • 1776 Transformation de la porte principale
  • 1876 Installation d’un orgue (facteur Duputel) et remplacement de la fenêtre de façade ouest par une rosace.
  • 1992, Installation d’une Vierge de piété dans le Sépulcre
  • 1995 Remplacement de l’autel
  •  1997 Nouveau vitrail sur la rosace projet Eve Nuzzo, réalisation Patrick Forfait (souscription organisée par les Campagn’Arts du Bourg-Dun)
  • 1997 Stabilisation de la tourelle Sud Ouest par reprise du soubassement du mur gouttereau de la nef Sud.
  • 2000 Réparation des arcs boutants de la Chapelle de la Vierge.
  • 2003-2006 Stabilisation du transept sud, réparation de la maçonnerie du clocher, réfection de la toiture.

Quelques éléments remarquablespour notice003

aquarelle Régis Bouffay

aquarelle Régis Bouffay

Quelques références

  • Abbé Cochet (1812-1875), inspecteur des monuments historiques de Seine Inférieure : Les églises de l’Arrondissement de Dieppe 1846.
  • Ludovic Vitet (1802-1873) : Histoire de Dieppe et de ses environs 1844
  • Abbé Anatole Loth, prêtre au Bourg-Dun : Chronologie et notions historiques concernant la paroisse et l’Eglise Notre Dame du Bourg-Dun (1888-1889).
  • Ferdinand Coutant, inspecteur de divisionnaire de la société Française d’Archéologie : Description de l’Eglise Notre Dame du Bourg-Dun 1894
  • Bernard Quesnel, instituteur : Histoire d’un village du pays de Caux
  • Philippe Fajon Rapport d’intervention archéologique 1997
  • Pierre Molkhou, historien des collectivités : Le Bourg-Dun, un terroir au temps des campagnes 2010.

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Compléments 1 : Lithographie et  dessins

Lithographie (coll A. Rudi)

Les dessins reportés ci dessous correspondent à un point de vue situé en descendant de la route de Dieppe.

Evolution de l’église (dessins Pol Le Cœur)

Étude de l’éclairage interne (dessins Pol Le Cœur)

Compléments 2 : Transcription du document d’Anatole Loth

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L’église Notre Dame du Bourg-Dun

Par Anatole Loth

Prêtre Curé de cette paroisse le 29 Juin 1877

Chronique commencée en Mai 1888 terminé en Avril 1889   Copie partielle du document conservé à la mairie du Bourg-Dun (document  recopié manuellement par Pascal Compiègne, -en introduisant de nombreuses virgules-). Ce document comporte quelques illustrations de très mauvaises qualité. Nous avons inclus dans le texte quelques dessins et photographies récentes.

Où retrouver l’original ?

Façade extérieure : coté occidental

L’église du Bourg-Dun vue de face à quelques distance présente dans son ensemble un aspect imposant. Ses tourelles, sa rosace et surtout son superbe clocher vus au premier coup d’œil, ne manquent pas d’appeler l’attention. Cette façade( ?) heureusement, et comme à dessein le bourg placé en amphithéâtre à droite et à gauche au pied de la colline qui longe la petite rivière du Dun. En approchant de la façade si vous examinez ses détails, vous remarquerez :

 Ses deux tourelles du XVI ème siècle dont l’une, celle de gauche a conservé une corniche sous une fenêtre aveugle, la corniche supérieure ses feuilles de chardon puis sa rosace (refaite dans le style gothique du XIII ème siècle en 1876 par Mr Allais entrepreneur à Ouville la Rivière) ainsi que la fenêtre qui la surmonte et la croix du pignon.

Abaissant les regards, et sur le point de pénétrer dans l’intérieur de l’église, vous remarquerez le petit portail latéral chef d’œuvre de l’art du XVIème siècle, qu’on a appelé siècle de la renaissance. Deux pilastres latéraux ornés d’arabesques, terminés par de gracieux chapiteaux, supportent un fronton, enrichi de bandelettes enroulées et de figures, surmonté par une statue de la Ste Vierge sous un dais, le tout exécuté avec la plus grande délicatesse.

Quel contraste, se dit-on, avec la lourde et plate entrée du milieu, malencontreusement construite au siècle dernier ! 1776.

Que ne l’a-t-on pas fait disparaitre, comme cette grande et disgracieuse ouverture qui aveuglait il y a quelques années les regards à l’intérieur de l’église et attristait par sa forme raide et monotone l’entrée du monument, tandis que la rosace qu’on lui a substituée avec la fenestrelle et la croix au pignon s’accordent si bien avec l’ensemble de l’édifice ! Ce sera sans doute l’œuvre du temps, peut être finira-t-il par comprendre que le contraste est trop frappant entre les deux portails et que le principal demande une intelligente restauration.

Dessin Romain Pupin

L’église vue de profil : côté septentrional

Lorsque venant de Dieppe, on descend la profonde colline au pied de la quelle se dresse majestueusement l’Eglise du Bourg-Dun dont le clocher domine les hauteurs d’alentour, on se croit en présence de l’une de ces vielles abbayes, rares survivantes des âges passés. Rien n’est plus antique, dans la Haute Normandie que cette partie de l’église du Bourg-Dun, qui forme le côté nord du Chœur, du transept et de la nef.

A voir ces vieux modillons en tuf le long de la corniche, et dont les figures à demi rongées par le temps, grimacent avec de singulières contorsions, on croirait des visages de spectres de l’autre monde. Ce sont en effet des figures façonnées par un monde déjà bien loin de nous.

Où sont les artistes, qui égayaient la monotonie de leur travail par ces sortes de caricatures dont la vue dans nos églises, indignait l’âme rigide de St Bernard ?

Ce qui intéresse surtout dans cette partie de l’église, l’antiquaire et l’archéologue, c’est le transept, vieux témoin des premiers essais de nos pères les normands dans l’architecture. Il se termine par un mur vertical, soutenu aux angles par deux contreforts plats, ornés au centre par une triple arcature d’une sévère simplicité, n’ayant pour tout ornement, que quelques modillons sur l’archivolte. Ce transept possédait jadis une abside enclavée dans le mur de l’Est disparu il y a deux siècles pour faire place à la sacristie que l’on voit encore. Malgré la rudesse et la naïve simplicité, ce transept ne laisse pas mériter toute l’attention des connaisseurs.

Un habile écrivain, M. Vitet de l’Académie Française résumait son impression, dans l’histoire de Dieppe en disant : « On trouvera certainement peu d’échantillons de cette architecture romane qui surpassent ce transept en noblesse, en grandeur, en majesté ; l’ordonnance en est d’une simplicité remarquable. Trois grandes fenêtres plein cintre, dont celle du milieu seule est à jour, dessinées toutes trois avec une pureté exquise et couronnées de petites têtes de clous ou bâtons rompus, Voilà le bel ornement de la face nord de ce transept. Le soubassement est de maçonnerie toute nue, le fronton qui surmonte les fenêtres présente un triangle peu aigu, selon la mode romano-byzantine pleine comme on le sait des formes grecques…Ce transept est d’une simplicité, d’une chasteté toute monumentale. Quel dommage que nous n’ayons pas devant les yeux l’église entière dont ce transept (est ?) un débris ».

La moitié du chœur est de la même époque que le transept, l’autre partie du Chœur ainsi que la nef ont été rebâties au XIIIème siècle. Les fenêtres à lancettes étroites, et allongées, dans le chœur, celle plus courtes de la nef, accolées trois par trois, produisent un bel effet. L’abside du chœur, qui se termine carrément était autrefois éclairée par trois fenêtres actuellement bouchées. Elles éclairaient autrefois le chœur lorsque, selon l’usage normand, l’autel était placé sous la lanterne ou coupole de l’église.

L’Abside : coté oriental

Comme je viens de le dire l’Abside du chœur se termine carrément, ornée seulement de trois lancettes 1 et 2 actuellement bouchées. Parallèlement, et accolées au chœur, se remarque l’abside de la Ste Vierge bâtie au XVIème siècle en l’an 1516 aux frais et dépend de la paroisse, sur sa propre initiative. Elle se termine par une grande fenêtre de style flamboyant de la plus grande richesse, et coupée par six meneaux dont les lignes vont former des chœurs et des flammes. L’appareil se compose de chaînes de grès et de silex, elle est retenue aux angles par deux arches qui servent de contreforts. Entre le chœur et la chapelle, au débouché de la noue, se voit une gargouille, plutôt, une femme, soutenant de  ses deux bras, une urne posée sur sa tête d’où l’eau s’échappe les jours de pluie.

L’église vue de profil : côté méridional

Toute cette partie de l’Église du chevet au portail, a été reconstruite au XVIéme siècle, à partir de 1510. L’appareil est complètement en grès avec quelques chaines de silex sous les fenêtres de la chapelle. Les contreforts sont également revêtus de grès terminés dans leur faîte par un petit toit à double pente abritant une armoirie à demi effacée. Trois grandes fenêtres à quatre meneaux donnent ( ?) entrée au four dans la chapelle puis au transept, une autre fenêtre récemment rehaussée en 1877 éclaire cette partie de l’Eglise ainsi qu’une autre fenêtre plus longue et plus étroite sur l’autre mur vers l’occident. Le reste de la nef n’a rien de remarquable à l’intérieur sauf la partie supérieure, cachée par un toit malencontreusement placé il y a quelques années.

 

Les tourelles

  Cinq tourelles élèvent leur pointe effilée vers le ciel et entourent l’église, semblables à des gardiens fidèles et vigilants. Deux tourelles encadrent le portail principal, l’une d’elle, celle du nord donne accès à la voûte de la nef. L’autre n’a point d’escalier, une autre placée à l’angle de la contre allée du midi, conduit à la voûte de cette petite nef. Une autre tourelle à l’angle du transept nord conduit au clocher, enfin une dernière engagée dans l’angle du transept méridional, à laquelle on accède par la voûte de la chapelle de la Ste Vierge, a été faite pour éclairer pendant la nuit, les inhumations nocturnes, en temps de peste, et servir de fanal, comme cela avait lieu quand le cimetière était longé par une route fréquentée. L’ancienne route absorbée maintenant dans cette partie sud du cimetière, était autrefois située à cet endroit. Elle fut modifiée sous Napoléon premier.

 

Le Clocher -Tour centrale

Qui ne connait dans les environs le clocher du Bourg-Dun ?

Il est la gloire des paroissiens qui le montrent avec orgueil, et le contemplent avec admiration ! Avec quelle majesté il dresse sa masse imposante, et présente des formes élégantes !

La tour bâtie en pierre, date du commencement du XIIIème siècle, elle a remplacé l’ancienne tour romane, dont on voit les restes dans la base. Sa forme carrée, est ajourée par deux grandes fenêtres à double lancette sur chaque face accostées d’une arcature des plus sveltes et des plus gracieuses. Une élégante balustrade en pierre couronne le tout. Sur la plateforme de la tour, on a élevé un toit en charpente à quatre pans coupés recouverts d’ardoises, au commencement du XVIIéme siècle, la croix qui dominait le tout, ayant eu la mauvaise fortune d’être ornée de fleurs de lys à ses extrémités, fut coupée à la grande révolution, par un habitant de Luneray qui se fit payer par la commune pour cette action la somme de 40 livres. Depuis elle fut rétablie. Au centre du clocher donnant sur la façade, est placé un quadrant à une seule aiguille que fait tourner l’ancienne horloge du temps de Louis XIII. Sous la toiture du clocher sont placées deux petites tinterellles, pour sonner les quarts d’heure.

 Les Cloches

Deux cloches, il y en avait une troisième autrefois, habitent la tour du clocher, l’une pesant environ 3000  livres, et l’autre 1800 livres. Elles sont de date récente et ont été fondues à Geutteville les Grès près de Saint Valery en Caux par Cartenet. La grosse cloche porte l’inscription :

 « L’an 1843, j’ai été bénie par M. Lavenu doyen d’Offranville et fut nommée Armande Victorine, par M. Jean Baptiste Carron curé du Bourg-Dun et Dame Armande Victorine Prieur, épouse de M. Jules Morel propriétaire de cette paroisse, en présence de Mr Charles Ginfray, maire, Lesueur adjoint, Duchène, Giffard,Tillaux et Georges, administrateurs de la Fabrique ». La petite cloche a pour incription ce qui suit :

« L’an 1873, sous le règne de Pie IX Pape, S. Em Mr le Cardinal de Bonnechose étant archevêque de Rouen, j’ai été bénie par l’Abbé Leroy, curé du Bourg-Dun, et nommée Joséphine Marie, par Mr Pierre Joseph Saffray propriétaire et adjoint de cette commune et par Adélaide Delamare née Beaufour propriétaire, Mr Victor Marin, Maire, Mr Charles Georges président, V. Grenie, P Grulé et L. Bénard fabriciens ».

Intérieur de l’Eglise

Au premier aspect, la grande nef fait éprouver un sentiment pénible, un grossier berceau en planches remplace l’antique voûte élevée par nos pères, et démolie par vandalisme révolutionnaire en 1795. Néanmoins, lorsqu’on abaisse les regards, et que l’on considère ce qui a échappé à la destruction, on ne peut s’empêcher d’admirer l’aspect majestueux de ces arches soutenues par de robustes piliers ornés de faisceaux de colonnettes.

On examine surtout avec plaisir ces chapiteaux historiés, dans les quels sont ciselés des oiseaux, des figures, des enroulements de divers dessins, des monstres mordant des serpents, vraie page d’histoire du XIII eme siècle. Ce qui reste, suffit pour faire juger de ce qu’était autrefois, cette grande nef, encore aujourd’hui si imposante dans ses ruines. Quand nous sera-t-il donné de lui rendre sa splendeur passée. Quand pourra-t-on dégager ses colonnes enfoncées dans le sol près d’un mètre de profondeur, rétablir l’élégant triforium qui couronnait jadis ses arches, Quand pourront nous refaire cette voûte dont les arceaux brisés indiquent encore maintenant les lignes !  Hélas, l’équilibre de l’édifice est dérangé depuis la chute des arc boutants  et les anciens contreforts, dont la réédification est indispensable pour la solidité du monument mais nécessiterait des dépenses hors de proportion avec les ressources d’un petit pays. En attendant, contentons nous d’admirer ce qui reste, pour nous consoler de ce qui n’est plus.  

La lanterne

Quatre forts piliers auxquels sont accolés une série de colonnettes forment les arceaux de la voûte supportant la lanterne du clocher ; On y remarque le charme et la délicatesse de sculptures des chapiteaux du XIIIème siècle, en assez bon état de conservation. A l’entrée du chœur, à droite et à gauche, on voit deux supports ouvragés comme de la dentelle, adossés aux deux piliers de la tour. Ces supports surmontés de statues soutenaient au XVI siècle un magnifique Jubé en pierre, démoli au siècle dernier vers 1730. Les deux premières stalles du Chœur, et la gracieuse balustrade en bois, qui ferme l’entrée du chœur, reposent sur la base du Jubé. Cette petite balustrade, en chêne, fut exécutée d’après les ordres de M. Jean Baptiste Caron, curé du Bourg-Dun, homme intelligent et instruit.

Le Chœur ou Chancel

Le Chœur, est l’une des parties les plus anciennes de l’église. Il date de deux époques, commencé au XIième siècle, il fut agrandi au XIII ième siècle.

La colonnade nouvellement restaurée (Juillet 1876) qui court le long de la muraille nord, est une preuve évidente de la différence des deux époques, de sa construction, ainsi que les fenêtres, et les contreforts de l’extérieur. Tandis que le plein cintre occupe le tiers (ancien) du Chœur, l’ogive continue jusqu’à l’abside. La première fenêtre accuse le XI siècle, la deuxième fenêtre simple et fine lancette indique le XIII siècle. La troisième fenêtre a été disloquée et tout récemment elle a reçu un disgracieux vitrage multicolore que Jacques Leroy curé du Bourg Dun alors n’a pas pu refuser, étranger qu’il était aux choses de l’art et de l’archéologie. La voûte refaite en entier au XIII siècle, retombe sur quatre consoles représentant trois figures et une armoirie du roi de France.

L’abside était éclairée autrefois par trois frêles lancettes, et visibles seulement dans leur entier à l’extérieur de l’église.

On a posé, pour remplacer leur lumière, le maître autel que nous voyons maintenant, vers 1630. Ce retable véritable chef d’œuvre dans son ensemble et ses détails de sculpture, bien qu’il ne soit point conforme au style général de l’église, n’en fait pas moins l’admiration des connaisseurs. Un des premiers restaurateurs des arts du moyen-âge en France M. de Caumont, s’exprime ainsi au sujet des autels, du XVII siècle et XVIII siècles, dans son abécédaire d’Archéologie, pages 788 et 789 (2ième édition)

« Quoique ces autels soient souvent peu en harmonie de style avec le reste de l’église, nous recommandons instamment de les conserver, et de ne pas les faire démolir, pour leur substituer des autels gothiques, souvent mal conçus, mal exécutés et très laids, comme on en a fait un trop grand nombre depuis quelques temps. On ne prévoit pas d’ailleurs, quand on laisse entrainer à ces changements, combien on y trouve de déceptions, combien il sera difficile de combler les vides. Ajoutons que la plus part des retables du XVII et XVIII, soit en bois, soit en pierre, sont des œuvres remarquables, que l’on anéanti pour les remplacer par des œuvres sans valeur aucune, C’est de l’or, que l’on échange contre de mauvais plomb ».

Cet autel déshonoré récemment (par un triste et malencontreux badigeonnage d’un brun foncé, appliqué par celui là même qui vendit la vitre arlequinée qui ne demande qu’à disparaitre, a été l’objet de tentatives de restauration dans son état primitif (en 1876) mais la nature du mauvais état du vernis qu’on y avait appliqué, avait tant pénétré le bois, qu’il fut impossible de le rendre à son (état ?) naturel.

On résolu alors, de le dorer entièrement afin de lui donner un aspect riche et sévère à la fois, avec l’avantage d’être plus lumineux, et de ne pas nuire par une teinte foncée, comme le serait la couleur du chêne, à la perspective de l’église.

Dans le sanctuaire du coté de l’épitre, se trouve une gracieuse piscine de la renaissance.

Bas coté nord

Le bas coté nord consiste en une étroite allée bâtie avec les matériaux de l’ancienne nef. On en avait fait un hangar jusqu’aux fonts baptismaux, une muraille de 80 centimètres d’épaisseur fermait la première arcade contre laquelle on avait placé » un escalier en planches pour monter à une tribune faite de bois de sapin brut sans aucun ornement qui servait à porter un orgue à manivelle avec cylindres.

On fit tomber tout cela en 1876, on déboucha les arcades, on restaura les cintres et les chapiteaux des colonnes, et on rendit ainsi à l’église son ancienne proportion.

On la débarrassa en même temps de tous les meubles grossiers qui l’encombraient, et l’on plaça au bas de la petite nef, le confessionnal, dont la mauvaise et prétentieuse ordonnance ainsi que la grossièreté du travail contrastait par sa présence avec l’admirable chapelle du St Sépulcre où il était d’abord.

Cette petite nef donne entrée dans le transept nord ou se trouve une chapelle dédiée depuis peu à St Louis et à Saint Nicolas, primitivement.

Orgues à tuyaux

On a placé dans le chœur en 1876, un orgue à tuyaux de dix jeux, pour accompagner les voix et alterner le chant. On l’inaugura le 8 Septembre, Fête de la nativité de la Ste Vierge.

Transept Nord

Ce transept, qui forme une chapelle actuellement dédiée à Saint Louis roi de France, autrefois à St Nicolas, est la partie le plus ancienne de l’église.

Comme à l’extérieur, on y voit dans le fond trois grandes arcades accolées, dont une seule laisse entrer la lumière. Plus bas, se trouve une série de colonnettes faites en pierres et en tuf, du travail primitif, c’est l’enfance de l’art on y remarque aussi vers l’est une grande contrée absidiale que l’on a bouché lors de la construction de la sacristie. La voûte a disparu, un simple plancher en bois recouvre cette précieuse partie de l’église si vénérable par son antiquité, si imposante dans sa rude simplicité[1].

Bas coté sud

La petite du sud nous ramène au XVI siècle. Elle n’éveille point comme l’autre partie, les antiques souvenirs des temps reculés, elle n’en a point le sombre méditatif aspect. Quoique construite dans une époque relativement récente, elle se trouve malencontreusement disloquée et détériorée dans son ensemble. On y voit cependant de jolis détails, ainsi que des consoles ou viennent s’arrêter les retombées des voûtes, se distinguent par la finesse du travail et( la délicatesse des sculptures, représentant des oiseaux becquetant du raisin, des lions mordant un anneau, ou des corbeilles de fleurs et de fruits.

Chapelle de la Ste Vierge

La nef du sud conduit à la Chapelle de la Ste Vierge autrefois dédiée à St Jean Baptiste, que les anciens nomment encore « le Chœur St Jean ».

Cette chapelle a été complètement rebâtie à partir de l’année 1516.

 Contrairement à ce qu’ont dit plusieurs écrivains qui ont cru y voir à tord des restes du XIV et XV ieme siècle. La preuve en est dans les archives  du département de l’Aisne, concernant le chapitre de Saint Quentin en Vermondois, ou il est dit qu’en l’an 1515, les trésoriers et les paroissiens du Bourg-Dun demandèrent et obtinrent du chapitre la permission  de bâtir une vaste et magnifique chapelle parallèle au Chœur, et qu’ils démolirent la muraille sud du Chœur, dont ils soutinrent la voûte sur des arches et des piliers, à leurs risques et dépens. Cette chapelle en effet présente d’admirables proportions ses piliers sveltes et élancés reçoivent les deux voutes celle du chœur et celle de la chapelle, et contrastent par leur lignes prismatiques, avec les torses vigoureux de la nef. La voute plus élevée que celle du chœur, est ornée de clef pendantes de la plus grande finesse de sculpture et la de la plus souple légèreté. Parallèlement aux piliers faisant face aux trois arcades qui donnent ouverture sur le chœur se trouvent trois grandes et belles fenêtre à quatre meneaux dont les lignes s’élèvent et forment dans le tympan des dessins, non pas flamboyants comme la belle fenêtre absidiale, des Quatre feuilles et des trèfles, ce qui  a contribué à donner le change à quelques visiteurs peu attentifs, et leur faire croire que ces fenêtres étaient d’une époque antérieure, mais  il n’en est rien comme nous l’avons dit plus haut, et du reste les moulures prismatiques et la coupe des pierres , ne permettent pas de s’y méprendre.

 On remarque dans ces fenêtres des restes d’anciens vitraux qui les décoraient autrefois. La grande fenêtre du fond, forme l’abside, on y voit resplendir dans toute sa richesse, le style qu’on a appelé flamboyant orné de chœurs et de flammes. Un beau vitrail placé en 1875 (donné par la servante de M. le curé M. Leroy, Julie Leclerc, s’élevant à la somme de 3000 francs) représentant l’arbre généalogique de la Ste Vierge, depuis Jessé jusqu’à Jésus Christ. Près de l’autel au coté de l’évangile, se trouve un grand et joli piédestal de la Renaissance sur lequel on a placé vers 1860 une statue moderne de St Joseph. Descendons et admirons la magnifique chapelle du St Sépulcre.

Transept sud ou chapelle du St Sépulcre

C’est ici que l’œil peut contempler tout ce que le XVe siècle a produit de plus merveilleux, il est impossible de voir plus d’art, de finesse d’exécution, de hardiesse et de légèreté que dans cette partie de l’église consacrée à la mémoire du Sauveur au tombeau. Pas une cathédrale, pas un palais ne vous produira une œuvre plus belle dans ce genre ; c’est le fini de l’art. Comment décrire ces infinis détails de sculptures, de dentelles de pierre qui tapissent les murs et les voûtes de cet édifice !

C’est assurément la partie la plus riche et la plus travaillée de l’Église. Admirez cette voûte d’un luxe de sculpture au-delà de toute imagination. Ses arceaux lancés en l’air sont complètement en dehors de la voute et supportent dans leur bras, une couronne aérienne, d’où retombent une série de pendentifs dont la finesse de sculpture et la légèreté ne trouve nulle part ailleurs dans toute la Haute Normandie, ni le Nord de la France. On parle de culs de lampe et de clefs pendantes de St Gervais et St Eustache à Paris, combien sont-ils lourds et pesants en comparaison, il semble qu’ils vont vous accabler de leurs poids ; leur arceaux bifurqués et confus font l’effet d’un ouvrage de charpentier, mais ici combien tout est svelte, gracieux et délicat, rien n’effraie le regard, tout au contraire, le charme et le satisfait. Quel dommage pourtant qu’un affreux badigeon à l’ocre jaune, soit venu déshonorer de pareils chefs d’œuvre !

Quel merveilleux travail dans ces socles qui soutiennent les statues, dans les dais qui les surmontent ! Admirez surtout le dais qui recouvre la statue de St Michel et le chapiteau d’une colonnette posée par-dessus représentant les démons emportant les damnés dans l’enfer. Que peut-on voir de plus finement exécuté ? Dans le fond de la chapelle se trouve l’image de N. S. Jésus Christ mis au tombeau dans une ouverture pratiquée dans le mur. L’entré du St Sépulcre est particulièrement remarquable, par les sculptures qui ornent les pilastres, et l’arc abaissé qui forme l’ouverture.

A la grande révolution, l’image du Christ avait été enlevée elle fut remplacée le 18 Mars 1877 accompagnée de deux anges, gardiens et témoins du sauveur dans la mort. Ces statues furent achetées à Paris, et données par Mr Pascal Grulé trésorier de l’Église. La grande fenêtre qui éclaire la chapelle vient d’être refaite en 1877, pour le pris de 1250 francs dont 100 francs furent donnés par Madame la comtesse de Choiseul, née Marquise d’Herbouville, descendantes des anciens seigneurs du fiel de Hautbert  du Bourg-Dun.

Cette statue avait été démolie au siècle dernier, à la des cinq meneaux  qui s’élançaient de la base on posa au centre une énorme barre de grès, comme on peut le voir dans la photographie qui est faite. Cette lourde masse pesant de tout son poids sur l’arc qui forme l’entrée du sépulcre, le fit fléchir. On fut obligé de le soutenir  avec des pièces de bois qui elles même allaient succomber sous le pesant fardeau, si une main généreuse n’avait offert de quoi réparer le désastre. Aujourd’hui la fenêtre est rétablie telle qu’elle était autrefois, ainsi que la fenêtre placée sur l’autre côté de la chapelle, qui elle aussi avait senti le marteau du démolisseur. La grande fenêtre encadre maintenant un vitrail, dont le prix s’éleva à la somme de 2500 f, du à la générosité de Mr Clément Gallier, maire de Vascueil (Eure)  natif du Bourg-Dun.

Ce vitrail représente la scène du crucifiement de N. S. lorsque l’un des soldats va lui percer le côté d’un coup de lance, et que les Juifs ennemis et amis entourent l’endroit de son supplice, les uns regardant, les autres se moquant, les soldats tirant sa robe au sort, les Stes femmes gémissant sur la cruauté des bourreaux et les douleurs de l’homme Dieu.

L’autre fenêtre recevra un vitrail, par le moyen d’un concert que donnera la Fanfare du Bourg-Dun, avec l’aide des Fanfares voisines, dont on affectera le produit pour cet objet. A coté de l’entrée du Sépulcre on peut voir une gracieuse piscine, qui, malgré son état dégradation ( ?), ne manque pas d’attirer l’attention.

Il y a dans la partie supérieure un écusson que l’on a pris en 1793 pour une armoirie, et on l’a mutilé. En y regardant de près, on voit que c’est un cœur percé de sept glaives, emblème de Notre Dame des sept Douleurs. Une statue de St Adrien, en bois de chêne, et d’une excellente exécution, fut donnée en 1680 par le Marquis Adrien d’Herbouville, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, et colonel d’un régiment d’infanterie, dont les armoiries se voient dans le chœur à droite et à gauche du Maitre Autel.

Mentionnons pour mémoire, que tous les premiers Vendredi de chaque mois, tous les Vendredi de Carême, et le Mardi de la Trinité, on dit la messe à l’Autel du St Sépulcre.

 

Avant de quitter cette intéressante Église, jetons un dernier coup d’œil sur

Les Fonts Baptismaux

Les Fonts Baptismaux datent aussi du XVI, et étalent dans leur pourtour le style proprement dit de la renaissance. Ils affectent la forme d’un vase, dont la coupe, ou mieux la cuve octogonale, présente sur chaque face une des sept vertus Cardinales.  Le couvercle en bois de chêne, est un beau travail de menuiserie, il date de la même époque que les fonts à l’exception de la Croix qui les surmonte, il se meut en pivotant sur une branche de fer horizontalement à droite ou à gauche soutenue latéralement par des barres de fer tordu d’un ouvrage remarquable de serrurerie.

Chaise pastorale

Il ne faut pas passer dans le Chœur, sans jeter un coup d’œil, sur la superbe stalle du XVIIe siècle, dont les panneaux admirablement ciselés sont d’une valeur remarquable. Dans la part intérieure, du prie‑Dieu, et derrière le dossier de la Stalle sont accouplés deux médaillons, représentant des personnages en buste, sur le devant du prie Dieu, sont les armoiries de la famille d’Herbouville, et les Chiffres  de Jésus et Marie.

Cette Chaire a été restaurée en 1876.

Anciennes Chapelles

Quatre chapelles, aujourd’hui démolies faisaient jadis partie du Bourg-Dun : c’était : La Madeleine de Blanques ( ?), St Jean Baptiste sur le Dun, St Remi ancienne léproserie et St Gilles des Barquettes sur le hameau d’Englesqueville.

Croix neuve et paratonnerre

Le Mardi gras 10 Février 1880, on plaça sur le haut du clocher une nouvelle croix en fer forgé et galvanisé, travaillé à Paris, le coq doré à neuf, la surmonte. A cette croix est agencé un paratonnerre pour protéger l’Église contre les accidents de la foudre. L’ouvrage fût fait par Mr Arsène Boivin, constructeur de machines électriques à Paris, place St Germain des Prés. La croix nouvellement posée remplace l’ancienne tige, dont les bras avec des fleurs de lys avaient été coupés le 25 Février 1794 ou le 7 ventôse an deuxième de la République., par un charpentier de Luneray nommé Nicolas Brasse lequel intimida ( ?) à cause des fleurs de lys la municipalité du  Bourg-Dun et se fit adjuger la somme de 40 livres pour ce triste ouvrage. Aujourd’hui, après une période de quatre vingt six années, la Croix surmonte de nouveau le clocher de l’Église du Bourg-Dun qui seul parmi toutes les églises du diocèse en restait privé depuis la révolution, et n’avait plus que la tige de l’Ancienne croix pour supporter le coq. La nouvelle croix pèse 250 kilogrammes, elle a quatre mètres  cinquante centimètres de longueur en comptant la partie emmanchée dans les traverses des sommiers, la partie qui émerge sur le tout et qui est par conséquent la seule visible trois mètres vingt centimètres de hauteur et dix centimètres d’épaisseur, quoiqu’elle paraisse du bas de l’Église, à peine grosse  de deux centimètres. Le coq mesure dans sa plus grande longueur c’est à dire de l’extrémité du bec à la queue quatre vingt centimètres.

Autel du St Sépulcre

Le 27 Févier 1880 fut posé dans la chapelle l’autel du St Sépulcre. Il est fait en pierre de Caen, avec un pallier de même. Le Tombeau représente dans son milieu Notre Dame de Pitié recevant N. S. sur ses genoux à la descente de la Croix- de chaque coté du Cartouche, sont deux portiques en style du XVI siècle. Il fut exécuté chez Mr Bonnet fils sculpteur à Rouen, par un breton nommé Bellant. Il coutât avec la pose la somme de 706 francs ( sept cents six francs).

 

Ce paragraphe se termine par un petit texte en latin.

Ensuite se développe la Chronique villageoise rédigée par Anatole Loth 

[1] Cette chapelle vient d’être restaurée. On a pu admirer le jour de Noel 1877 les travaux exécutés. Les colonnettes brisées, ainsi que les chapiteaux, ont été réparés complètement par M. Alais, sculpteur et maître maçon à Ouville la Rivière. Les arceaux qu’on avait fait disparaitre sous une épaisse couche de plâtre, ont revu la lumière, et les peintures à fresque ont été refaites jusqu’à la hauteur des fenêtres..

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